|
"On ne peut pas monter dans un livre qui sombre comme dans n’importe quel vaisseau, car en sombrant il émet une force d’aimantation inverse qui fait qu’on ne peut plus l’approcher qu’à une case figurationnelle de distance, on ne peut qu’y être déjà embarqué, de toute sa mémoire, comme on est de toute sa mémoire dans une partie d’échec, où chaque coup se met à être plus irrémédiablement lui-même, on sent qu’on se met à avoir trop de mémoire comme on aurait trop de globules rouges dans le sang, trop de cholestérol pour continuer à jouer, on voit différemment les couleurs. On sombre."
Hésitation d’Oriane (encre fuschia): «on s’ombre ?…» j’avoue ne pas tout comprendre dans ce texte mais, de fait, cela m’arrive assez souvent. Je prends un livre, je le lis, je ne comprends pas ce que je lis. Je m’oblige à continuer à lire. Je ne comprends pas ce que je lis. Je me force à le lire jusqu’au bout. Parfois je m’endors mais je me remets à ma lecture et je ne comprends pas ce que je lis. Des mots… Alors j’oublie et je passe à un autre avec un fort sentiment d’échec car, quand même, il doit bien y avoir quelque chose à comprendre ou je ne comprends pas qu’il n’y ait rien… à comprendre.
|